INTERNATIONALES THEATERINSTITUT / MIME CENTRUM BERLIN

MEDIATHEK

FÜR TANZ

UND THEATER

MCB-DV-7403

Millfeuille

Beschreibung
En présentant Millefeuille (1) à  Chaillot, Laure Bonicel approfondit sa critique du paraà®tre, commencée avec Untitled # 01, Manurêva et Duplex. Si les vêtements abondent sur scène, c'est pour mieux simuler l'enveloppe charnelle de chacun des six danseurs, dont elle. Chaque chandail retiré constitue en somme une peau morte. Le spectacle épluche donc les corps via ces oripeaux ôtés et remis. On assiste à  une débauche épidermique avec peaux mortes, desquamations, voire placentas suggérés par analogie. Les corps se glissent et disparaissent d'abord, dans des sacs de couchage, d'un rouge soyeux. Un danseur, debout dans cette chrysalide, fait disparaà®tre une couverture orange par une ouverture dans la toile. Sa silhouette, vorace, gavée, s'arrondit à  mesure. On ne sait plus qui du corps ou du paquetage est le plus vivant, tant ils se tricotent ensemble à  dessein. Un bras, une jambe se profilent, extraits des sacs comme des appendices mous. Par force, ces objets jouent le rôle d'intestins, de tripes et de boyaux. Les visages sont cachés au même titre que les corps. L'un, qui évolue sans couverture, tire à  lui la peau de son ventre comme si c'était celle d'un autre, fait saillir l'os de sa hanche, déboà®te sa tête à  deux mains, s'ausculte à  la loupe. Il n'y va pas de main morte, s'observe à  froid, se triture sans sembler ressentir une quelconque douleur. Quoique voilées, les identités n'en demeurent pas moins repérables. Des duos se forment. Le corps de l'un prolonge à  sa manière celui de l'autre, qu'il malaxe comme un objet plastique. Pas de caresses ni de gestes tendres, à  une exception près. On s'empoigne, on ramène à  soi le corps de l'autre comme une couverture, on l'appréhende comme chair à  modeler. Les muscles semblent en de caoutchouc. Cette empoignade collective est éminemment tactile. Corps et visage se voient du coup désacralisés. On songe à  ce qu'a pu dire le sociologue David Le Breton : " Le corps n'est plus qu'un accessoire de la présence. " Les sons en direct de Gérôme Nox travaillent eux aussi la scène au corps. Électronique quoique fortement lestée de matière, la musique emplit l'oreille qu'elle sature jusqu'à  l'indigestion auditive. La salve acide des aigus tranche dans le vif de ces organismes mous. Un homme, seul, tire sur son pull noir, le visage caché sous un col roulé en mailles de couleur chair qui rappellent le latex. Le col retombe, se fripe, comme une peau malmenée après une cure d'amaigrissement. Une autre, en salopette cramoisie dix fois trop grande, s'avance face au public et l'on dirait une obèse écorchée, tant le rouge plissé qui couvre ses cuisses tient du muscle mis à  nu. Ainsi, la peau humaine, de nos jours, semble n'être plus, pour Laure Bonicel, à  des fins certes ironiques, qu'une enveloppe mise à  distance de l'être. (Quelle: http://www.humanite.fr/node/248471) egd
Choreographie
Darsteller
Jérôme Andrieu, Laure Bonicel, Valérie Castan, Agnès Coutard, Frédérique de Carlo, Roberto Vidal
Standorte
MCB
Aufnahmedatum
Sonntag, 31. Dezember 2000
Länge
52 min